BOUGEZ, MARCHEZ C'EST BON POUR LA SANTÉ!
On nous le dit, on nous le répète sur tous les tons et sur toutes les ondes. Les journaux, les magazines, le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), une multitude de publications font passer le message au grand public : l'activité physique est excellente pour la santé. En particulier la marche, qui convient à tous et à tout âge. Qu'en est-il exactement? Focus sur la santé des randonneurs et sur les bénéfices à tirer de cette activité pour les bien portants et les autres.
Pascal Leygoute
Bienfaits de la randonnée sur les différentes affections médicales A le lumière des différentes études et expertises réalisées à ce jour, il est possible d'affirmer aujourd'hui que le pratique régulière d'une activité physique d'intensité modérée, comme la randonnée pédestre: entraîne le muscle cardiaque qui est le coeur, améliore ses performances et diminue le risque de mort par maladie cardio-vasculaire; renforce la qualité du tissu osseux (diminution de 20 à 40% des fractures du col du fémur); -retarde les manifestations de l'arthrose; - améliore l'hypertension artérielle, un excès de cholestérol, le diabète sucré; -participe au bon fonctionnement du cerveau: lutte contre les maladies dégénératives; - réduit sensiblement le risque de cancer du sein et du côlon; - permet de lutter contre le surpoids et l'obésité chez les jeunes et les moins jeunes; - favorise le sommeil et diminue le stress; - diminue le risque de mort précoce par rapport à la sédentarité. |
Un jour de sentier, huit jours de santé. » Toutes les études le prouvent, cette devise de la Fédération, claironnée dès les origines par les anciens, est plus que jamais d'actualité. En mai dernier, il ressortait d'une enquête Ifop, commandée par la Fédération française de la randonnée pédestre (voir Passion Rando n° 9), que 34 % des Français pratiquent la randonnée pour entretenir leur santé. Une tendance qui confirmait les résultats de la grande consultation « Les randonneurs sont-ils en bonne santé? » lancée en 2005 par la Fédération auprès de ses licenciés (voir Passion Rando n° 21). On y apprenait notamment que: 22,7 % marchent pour se maintenir en bonne santé, 14,7% pour se détendre, 9,6 % pour améliorer leur état de santé; 56,9% déclaraient prendre un traitement et 29,5 % avoir une pathologie cardio-vasculaire. En résumé : si la principale motivation des randonneurs est d'avoir une activité de plein air (31,2 %), la santé (la maintenir, l'améliorer, se détendre, se déstresser) reste pour beaucoup une motivation forte.
Les études épidémiologiques montrent que la pratique régulière d'activités physiques d'intensité modérée diminue la mortalité. Qu'elle contribue au bien-être et à la qualité de vie.
10 000 pas par jour pour être en bonne santé
L'activité physique profite à la santé de tous. Aucune raison d'en douter, quand les preuves scientifiques s'accumulent. En témoigne, le rapport « Activité physique: contextes et effets sur la santé », édité récemment par l'Inserm: une synthèse de publications mondiales parues sur le sujet, riche en explications, données et recommandations. Qu'apprend-on? Les études épidémiologiques montrent que la pratique régulière d'activités physiques d'intensité modérée diminue la mortalité. Qu'elle contribue au bien-être et à la qualité de vie. Précision ici : dans « pratique régulière d'une activité physique modérée », il faut entendre « marche ou randonnée pédestre », une des activités les plus appropriées. Au point que, pour l'Inserm, l'activite physique favorable à la santé a pour mesure étalon... 10000 pas par jour. Commentaire du docteur Pierre Josué, le médecin fédéral : « Cette expertise et ces recherches permettent aujourd'hui d'affirmer que l'activité physique d'intensité modérée diminue le risque de mort par maladie cardio-vasculaire, agit contre les maladies métaboliques comme le diabète, prévient certains cancers. En pratiquant la randonnée, on est bien dans son corps: elle fait travailler muscles et cœur en douceur; bien dans sa tête: elle efface le stress accumulé de la semaine; bien ensemble: elle crée des instants de convivialité et d'échanges trop souvent absents de nos vies quotidiennes. »
Les recommandations en fonction de l'âge Avec le concours de Pierre Josué, médecin fédéral, et de Philippe Moteau, médecin du comité régional de la randonnée pédestre de Vendée, pour la partie « enfants ». Chez les enfants, marcher n'est pas un problème physique mais plutôt psychologique, aussi ta motivation est essentielle. La présence de copains ou copines aidera au bon déroulement et à l'ambiance de la rando. - Entre 4 et 8 ans: des balades de 3 km pour les plus jeunes, jusqu'à 12 km pour les plus grands. Ils peuvent aller jusqu'à . 2200-2500 m d'altitude s'ils n'ont pas de problème respiratoire ou ORL particulier. - Entre 8 et 12 ans: des randos jusqu'à 15 km par jour, on peut envisager des itinéraires de plusieurs jours. - Au-delà de 12 ans: la randonnée se rapproche de celle des adultes. Plus l'enfant aura été habitué à marcher, plus il aura les capacités physiques pour vous accompagner. Adultes et séniors - Entre 18 à 65 ans : pour les bien portants, pas de limites particulières sauf celles de l'entraînement. - Seniors à partir de 65 ans et au-delà: même en l'absence de maladie, nos fringants seniors connaissent quand même des pertes de fonctions, physiologiques, cardiaques, musculaires, osseuses. Ils peuvent marcher longtemps, mais moins vite, avec moins d'intensité d'effort. Là encore, tout est question d'entraînement.
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Un enjeu de santé publique
Ainsi, tout en marchant, en plus du grand bol d'air, les randonneurs font fructifier leur capital santé. Le seul qui échappe à la bulle spéculative et à la menace d'un krach. Dans ces études encore, deux grands coupables sont montrés du doigt: la sédentarité et la mauvaise alimentation. Et quoi de mieux pour combattre les méfaits de la sédentarité que l'exercice ? C'est ainsi que fleurissent dans notre pays toutes sortes d'initiatives, programmes, études et préconisations impulsés principalement par le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Institut de veille sanitaire et l'Inserm... Ces nombreuses initiatives s'appellent : « La promotion de la santé par le sport », journée « Bouger pour la santé », opération « Mangez mieux, bougez plus »
« Marchez! C'est bon pour vous »
L'activité physique devient même complément thérapeutique pour de nombreuses affections. Exemple, dans le Gard, où depuis mars 2006, le docteur Éric Bosc, cardiologue et médecin du Comité départemental, organise, au sein de l'association Cœur et Santé de Nîmes, des randos pour des personnes ayant eu un accident cardiaque. « Lorsque j'étais encore en activité, raconte-t-il, je disais toujours à mes patients: marchez, c 'est bon pour vous ! Aujourd'hui, j'emmène en randonnée des personnes qui ont une affection cardio-vasculaire stabilisée par un traitement et qui pratiquent une activité physique sur avis médical. L'intérêt pour le cardiologue que je suis, c'est de pouvoir évaluer sur le terrain ce qu'il est possible ou non de leur demander en termes d'efforts physiques. Ces randos sont positives sur plusieurs points : l'amélioration de la santé de nos marcheurs, les bonnes relations humaines, la solidarité aussi, puisque chacun se règle sur le pas du plus lent. »
Moins vite, moins loin, moins longtemps
Pour répondre au mot d'ordre « Sport Santé » lancé par le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, la Fédération a notamment lancé « Rando Santé® » en 2006. Objectif de l'opération, qui s'inscrit dans le projet plus large de Rando pour tous®: favoriser la création partout en France de structures (des clubs pour l'essentiel) pouvant accueillir un public avide d'excursions. Ou inciter les clubs à s'ouvrir vers ce public. Ces structures doivent «s'adapter aux particularités et aux capacités physiques du randonneur, le mettre en confiance et lui donner envie de revenir». Pierre Josué: « Le concept Rando et Santé, initié par la Fédération, ne concerne pas uniquement des personnes malades, mais aussi celles qui reprennent une activité physique ou qui se lancent après une vie de sédentarité. Tous ceux qui ne peuvent pas suivre le rythme normal de la marche pour des raisons physiologiques, psychologiques ou pathologiques. La Fédération, ses clubs et ses comités leur proposent alors des randonnées qui s'adaptent à leurs capacités : moins vite, moins loin et moins longtemps. Le maître mot: l'entraînement. Il faut démarrer doucement, marcher progressivement et régulièrement. »
Le maître mot : l'entraînement. Il faut démarrer doucement, marcher progressivement et régulièrement.
L'appellalïon Rando Santé®
La Fédération souhaite faire de « la randonnée, la santé et le bien-être » un des objectifs majeurs de son futur plan 2009-2012. Pour cette année 2009, elle a créé l'appellation « Rando Santé® », sorte de label décerné aux associations ou sections d'associations accueillant ou prêtes à accueillir ce public. Les conditions à remplir pour obtenir l'appellation ont été définies par la commission médicale de la Fédération. Un cahier des charges indiquant les recommandations, les intérêts de l'appellation, et la procédure à suivre est disponible en téléchargement sur le site www.ffrandonnee.fr)
Les bonnes raisons d'essayer la marche nordique Raymond Auriel, responsable formation au Comité du Val-d'Oise, a découvert la marche nordique il y a trois ans au cours d'une semaine Sport Santé valvvf dans le Massif central. « J'ai été immédiatement séduit. Et j'ai compris tout de suite tous les bienfaits que l'on pourrait en tirer. Cette discipline, qui nous vient de Finlande, agit sur quatre niveaux: - le système cardio-vasculaire: les efforts sont plus soutenus que pour la rando classique, le rythme pas forcément plus rapide, on sollicite, et donc on entraîne plus le cœur; - les os; le travail avec bâtons apporte un ^forcement du haut du squelette, il agit comme un frein à l'ostéoporose ; - le surpoids: on brûle un peu plus de calories, une pratique régulière permet d'attaquer le surpoids; - la convivialité: les sorties ou séances sont plus courtes que pour la rando (lh30 à 2 h de marche), l'ambiance est joyeuse. Enfin, c'est un très bon entraînement pour ceux qui partent à la montagne en été. Et un excellent complément à la randonnée. Avec mon club Randonnée et découverte de Beaumont-sur-Oise, on a démarré l'activité cette année. Mon objectif est de la promouvoir au niveau du Vai-d'Oise, puis de l'Île-de-France. » Contact : Raymond Auriel. Tél. 0134?02901. raymond.auriel@orange.fr |
Et la Fédération n'est pas seule sur ce chemin du sport santé. Elle est soutenue par son fidèle partenaire Gaz de France Suez, mais aussi par d'autres partenaires, tel valvvf. Explications de Matthieu Hockauf, responsable du développement des partenariats chez valvvf: «Depuis 1998, valvvf organise dans ses villages des semaines Sport Santé en partenariat avec quatre fédérations sportives, dont la FFRandonnée. Une semaine type avec les équipes de la FFRandonnée: randonnées, exercices de secourisme, test dynamique pour calculer la V02 Max (consommation maximale d'oxygène, ou la capacité optimale de notre corps à utiliser l'oxygène inspiré à l'effort pour alimenter nos muscles), débats sur des thèmes comme « les bienfaits de la randonnée », « l'alimentation en randonnée »... Cela permet aux médecins fédéraux de travailler au plus proche du public, de faire passer leurs
messages. En plus de la marche, ces semaines proposent un beau choix d'activités: balades cyclo ou VIT, aqua gym... Et pour nos semaines Sport Santé 2009 (programme sur www.valvvf. fr), nous allons élargir l'offre: tai-chi, marche nordique, tir à l'arc en parcours nature... »
Les Zigzagueurs de l'Aude
Sur le terrain, du côté des comités et associations, le concept « Rando Santé® » est déjà en marche. Dans l'Aude, le club le Zigzagueur organise, en plus de ses randos traditionnelles, des sorties en semaine adaptées aux participants souffrant de pathologies diverses. Nicole Clareto, présidente du club : « Nous avons chez nous toutes sortes de marcheurs: des personnes sous traitement cardiaque, en surpoids, diabétiques ou dépressives... La plupart nous ont été envoyées par des médecins. Nos animateurs ont appris à gérer toutes ces particularités, à être attentifs et patients. Tout le monde accepte les différences... ». Un état d'esprit confirmé par Raymonde Franc, 62 ans, viticultrice à la retraite, randonneuse du club le Zigzagueur et atteinte de spondylarthrite ankylosante : « Quand je suis en randonnée, je suis contente, je retrouve des gens que j'apprécie. Sans ma maladie, je serais plus souple. Mais là, j'ai des raideurs dans les montées ou les descentes, alors on me soutient, on me tient par la main, on me pousse. Les animateurs ralentissent dès que nous sommes en difficulté. Il y a beaucoup d'entraide entre nous. À la fin de ma première rando, je n'en pouvais plus. Maintenant j'avance, je suis moins raide. Je suis mieux dans ma tête, mieux dans mon corps ».
La marche comme thérapie
Le certificat médical joue la carte du dépistage Fournir un certificat médical lors du renouvellement de sa licence, c'est l'occasion d'aller chaque année chez son médecin, même si on se targue d'avoir une santé de fer. Cette visite annuelle n'est pas la corvée que 1 on croit. Elle valide non seulement votre aptitude à la pratique du sport et fixe vos limites et possibilités physiques, mais permet aussi, éventuellement, de dépister une affection passée jusque-là inaperçue... |
Même démarche au Club pédestre chabeuillois, dans la Drôme. « Depuis cette année 2008, nous organisons tous les jeudis pairs des balades de 2 heures à allure modérée, explique Michel Grenier, le président. C'est une demande de personnes qui vieillissent, qui se sentent fatiguées ou qui ont du mal à marcher. Nous choisissons un parcours adapté et nous réclamons pour chacun un certificat médical. Ce sont souvent des personnes seules, elles peuvent donc nouer des contacts et sortir de leur isolement. » Claude Méry, président du club Rando Cap, dans le Cantal, est sur la même longueur d'onde: « Une à deux fois par mois, nous accueillons dans nos randos des personnes victimes d'accidents de la vie (séparation, chômage...) qui résident dans une maison d'accueil d'Aurillac. Elles sont toujours accompagnées par une assistante sociale et une assistante psychologique, elles discutent, elles posent des questions, on échange beaucoup. Elles se sentent bien, beaucoup reviennent. On s'aperçoit que pour des gens fragiles, la marche peut être une bonne thérapie. »
Bénéfique à tout âge
Ce qui est bon pour les personnes de plus de 60 ans l'est aussi pour les randonneurs en culottes courtes. Ces 5 à 12 ans, par exemple, que l'on incite (ou que l'on exhorte) de plus en plus à bouger. Témoignage de Philippe Moteau, médecin du Comité régional de la randonnée pédestre Vendée: «La marche est une activité sportive d'endurance mais peu intense, très bien adaptée à l'organisme de l'enfant en perpétuelle croissance. En randonnant, l'enfant va apprendre l'autonomie, adopter des comportements citoyens et responsables, comme la solidarité, le partage, le respect de l'environnement. .. Mais attention, les enfants se lassent vite. Il faut les motiver, leur présenter une sortie comme un temps de relaxation qui se vit avec les parents, les copains, où on discute, où on regarde le paysage. Souvent, à la fin d'une rando, les enfants sont surpris et disent: "C'est sympa, on s'est bien détendus". » De 5 à 95 ans, garnements, bien portants ou moins bien portants, il reste que la marche est un formidable moyen de gagner, de garder ou de retrouver la forme. Et un plaisir sans cesse renouvelé pour tous les pratiquants. Tout simplement, la randonnée permet d'être « en santé », comme disent nos amis québécois.
On s'aperçoit que pour des gens fragiles, la marche peut être une bonne thérapie.
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